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Conflit Fraternelle
Tranche de Vie

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TchatcheBlog: Conflit Fraternelle

Catégorie : Tranche de Vie
Créé le :  07 sept. 2006 13h40 par Myphaz
Modifié le :  03 nov. 2006 21h49
Visité :  2922 fois Cette semaine :  7 fois

Description :
Alors....que dire...eh bien comme d'habitude lol.
Oh et merci beaucoup à My, qui m'a aidé à retrouver l'inspiration. (J'ai vu que beaucoup s'impatientait pour les autres histoires...bientôt je mettrait des suites remerciez My lol) Merci pour tous vos messages ça me fait toujours très plaisir. En espérant que cette nouvelle histoire vous plaise, et pour le titre j'attend vos propositions


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Page 1 sur 2 (Total : 6 articles) - Inverser l'ordre des articles
Chap 1
Créé le : 07 sept. 2006 13h47 Article posté par : Web

            MEGAN

 

« Megan ! Alana te demande. »

J’entends la porte se refermer, je grogne en ouvrant un œil. Qu’est ce qu’elle me veut à 10h ? Elle dort jamais c’est pas possible.

Je teste chaque muscle, au moins je suis en un seul morceau. Je me cambre pour faire craquer mes os, soulevant les deux corps blottis contre moi légèrement. Sans trop m’en rendre compte ma langue vient glisser sur ma canine alors que les peaux glissent sur la mienne.

Je soupire, et finit par me décider…c’est jamais très bon de faire attendre Alana.

Je me dégage en grognant des deux paires de bras. Le vide que j’ai laissé entre les deux corps est vite comblé avec des petits gémissements mécontents.

Assise sur le lit je me masse la nuque en baillant. Une main vient dans mon dos bougeant sur ma peau, suivant les lignes tracées par mes muscles, je ferme les yeux sous les délicates caresses. C’est pas possible…la poisse.

« Hum…Megan…où tu vas ? Reste… »

Sans me retourner vers le lit je soupire.

« Désolé princesse mais j’ai à faire. »

« Alana te laissera jamais tranquille ? Il fait jour… »

Un corps se colle dans mon dos, des lèvres dévorent mon cou.

Je souris en attrapant un haut, je l’enfile, décollant les seins de mon dos. Je cherche un pantalon des yeux et me lève péniblement.

« Dors. »

« Hum….comme tu veux…reviens vite. »

J’attache le bouton et sors de la chambre en m’étirant. Le garde est toujours là, je soupire et secoue la tête pour m’éclaircir les idées. Il me regarde avec un sourire moqueur au coin des lèvres. Je peux pas le blairer ce cornard.

« Qu’est ce qui se passe ? »

« Aucune idée…suis moi. »

Je le fixe un moment de la tête aux pieds, je le vois trembler. Quand je plonge mon regard méprisant dans le sien je crache entre mes dents d’une voix glaciale.

« Je sais où elle est. »

Je souris encore plus en sortant une cigarette du paquet.

Faut pas m’énerver en pleine journée.

« Qu’est ce qui te fais sourire ma belle ? »

Je me fige droite comme un piqué. Cette voix…J’aperçois une silhouette dans l’ombre devant moi. J’ai reconnu la voix…il m’en faut pas plus. La cigarette est jetée à terre et mon genou droit se pose sur le marbre noir, ma tête s’incline.

« Alana… »

Je sens sa présence se rapprocher, son aura m’entoure, m’enveloppe comme un manteau. Je déglutis sous l’afflue de sensations qui m’envahissent.

Une main me relève le menton. Une main terriblement douce, terriblement violente et forte à la fois. Cette odeur…

Je redresse un peu la tête, mais n’ose la regarder. Elle fait glisser sa main sur ma joue, jusqu’à ma nuque.

« Relève toi Megan.  Pas de ça entre nous. »

J’obéis sans rien dire. Je baisse les yeux pour tomber sur de splendides jambes nues. Et merde, je ferme les yeux et compte jusqu’à 10…enfin j’essaye elle m’empêche de finir en venant se lover tout contre moi. Son corps attisant le mien, ses mains brûlantes sur ma peau.

« Megan…j’ai quelque chose à te demander.  Tu veux bien ? Pour moi… »

Ses mains passent sur mon ventre, sensuelles, je déglutis difficilement, en ouvrant les yeux, je tombe directement dans les flammes des prunelles noires qui me fixent, encadrés par de longs cheveux tout aussi noirs.

« Bien sur… »

Son doigt parcoure ma mâchoire alors que ses lèvres s’étirent dans un sourire aguicheur et ravi.

« T’es chou. Gareth n’a pas été des plus gentil avec moi…est ce que tu pourrais…faire quelque chose ? »

Je me sens sourire, elle se colle encore plus contre moi, sa peau frôlant mes vêtements.

Je laisse mon regard vagabonder sur la perfection de son corps, mis en valeur dans les sous-vêtements aguicheurs. La longue veste en soie vole légèrement autours d’elle lui donnant une dose supplémentaire de mystère…la rendant encore plus désirable…oh Satan de toutes tes créatures c’est bien elle ta plus belle création…quelle beauté.

« Bien sur…avec plaisir…j’ai jamais pu…le voir. »

Elle me sourit, ses yeux brillants.

« C’est parce que tu es d’une jalousie maladive mon chou. »

Je tremble, ses lèvres se rapprochent des miennes, elles se frôlent longuement, je ne bouge pas, entre ouvrant juste la bouche pour inspirer un peu d’air indispensable à ma survie.

« Jte fais confiance, tardes pas trop. Tes conquêtes d’hier vont t’attendre. »

« Ok… »

Elle se recule et me tourne le dos, j’admire ses courbes quelques secondes avant de filer, sa veste volant derrière elle.

Je passe mes mains dans les cheveux en tournant sur moi –même.

« Piouf. »

Et je me remets en marche. Les mains croisées derrières la nuque je me dirige en sifflotant dans les couloirs déserts de l’immense demeure de Dame Alana…

Alana est la fille préférée de la reine Néris, enfin c’est ce qui se dit…après tout personne n’a jamais su dire ce que pensait vraiment la reine. Une femme remarquable, une femme à la fois admirable et terrorisante…personnellement je l’ai jamais vu, mais les rumeurs vont bon train dans son peuple.

Mon rôle dans l’armée de la Princesse Alana me permet de voir du paysage. Générale…je ricane…je crois que je le dois surtout à mes dons dans un lit plutôt que sur un champ de bataille. Mais Alana n’a pas l’air de vouloir me retirer de la tête de son armée…alors j’ai pas du faire de bourdes énormes.

Lors d’une campagne, j’ai cru entendre un des hommes de l’armée de la Reine Néris se venter de la connaître, et quand on lui demandait des descriptions, il parlait de la Reine avec une telle dévotion, un tel amour…que je doute toujours de son objectivité, il disait que la reine est une femme douce, aimante, juste et bonne.

Tout le contraire de sa fille cadette.

Alana…Alana est brutale, caractérielle, méprisante, dominatrice, calculatrice…alors je pense sérieusement que la Reine n’a pas pu enfanter de son contraire…alors cet homme mentait.

Même si Alana a un corps de rêve, à une peau hypnotisante, des yeux flamboyant de passion, même si je suis incapable de lui refuser quoi que soit, même si je sais que je suis à ses pieds…jamais…oh grand jamais je ne la quitterai des yeux une seconde, c’est le genre de femme à être un chaton à se blottir contre vous, et la seconde suivante vous planter une dague dans les côtes, toutes griffes dehors.

Elle est dangereuse, dangereuse parce qu’elle est belle, dangereuse parce qu’elle a toujours ce qu’elle veut, dangereuse parce qu’elle est terriblement intelligente, dangereuse parce qu’elle sait utiliser la moindre parcelle de son corps. Dangereuse parce qu’elle a trouvé le moyen de me mettre à ses pieds.

C’est une rose par excellence. Une magnifique rose, une rose qu’on veut cueillir à tout pris, une rose qui parviendra à vous piquer malgré toutes les précautions que vous prenez.

Mais pour l’instant elle a besoin de moi, alors je risque rien, alors je lui obéis, je lui donne aucune raison de vouloir ma mort, ou pire…

Et puis, elle sait demander les choses…

J’entre dans les écuries et parcoure les quelques mètres qui me séparent du grand boxe de ma jument.

Je m’accoude sur le muret de bois en la regardant venir vers moi déjà sellé.

« Déjà prête ma belle, Alana a tout prévu… »

Elle hennit, je souris.

On sort des écuries, je soupire en grimpant sur son dos et la fait partir au galop sous la pluie.

 

 

            EILEEN :

 

Je soupire en regardant vers la fenêtre. La pluie…je déteste la pluie. C’est si déprimant, et puis être obligée de rester enfermée.

Les rues sont toujours désertes quand il pleut, personne ne sourit quand il pleut, la vie prend un rythme étrange.

Je soupire en marchant vers la cheminé où crépitent quelques bûches. Je fixe le feu joyeux qui joue à mes pieds.

De légers coups contre la porte me sortent de mes pensées.

« Oui ? »

La porte grince doucement en s’ouvrant. Une montagne de muscle s’incline de devant en souriant gentiment.

« Eileen…vous êtes ravissante. »

Je lui rends son sourire en haussant une épaule.

« Merci Glenn. »

Le grand blond incline la tête avec toujours ce sourire amical.

« Votre mère m’envoie vous chercher Princesse. »

Je crispe les sourcils.

« Comment va t-elle ? »

« Son état s’améliore. D’après les guérisseurs, elle devrait être sur pieds d’ici quelques jours. »

Je soupire un peu soulagée. Depuis quelques temps, ma mère était prise de maux étranges. Une forte fièvre la clouait au lit.

Heureusement tous les guérisseurs du pays s’étaient penchés sérieusement sur son cas. Et en peu de temps ils avaient trouvé les plantes qui soulageraient la Reine du mal qui la rongeait.

« Voilà qui me rassure. »

« Elle souhaite vous parler d’une mission il me semble. »

Je sens ma curiosité me titiller sans prévenir.

« Une mission ? »

« Oui Altesse. Un petit voyage chez votre sœur, d’après ce que j’ai compris. »

Je me redresse d’un coup. Ma sœur.

« Ma…sœur ? »

Je sens malgré moi la haine glacer ma voix. Glenn perd son sourire et ses yeux marron brillent de peine.

« Il me semble oui. »

« Qu’est ce qu’elle a encore fait cette…cette chose ? »

Glenn sourit en coin amusé malgré la situation.

« Gareth est mort Majestée. »

Mon sang se glace. Non, elle n’aurait pas osé, pas le commandant en chef des armées de notre pays…mais qu’est ce qu’elle a dans la tête ? Cette fille est vraiment d’une débilité…

« Comment ?  Je le croyais infaillible. »

Glenn soupire en baissant la tête. Il murmure d’une voix triste.

« Il l’était Majestée. Mais il ne l’est plus. »

Glenn hausse une épaule, il réfléchit quelques secondes.

« Votre mère en sait plus que moi. »

« Vous avez raison Glenn. Allons y. »

Le grand guerrier m’ouvre la porte et me laisse passer devant lui avant de refermer et de me rattraper.

« Glenn ? Savez vous comment il est mort ? »

Glenn soupire et fixe le bout du couloir coloré.

« Une lame dans son cœur Majestée, ça ne pardonne pas. »

Je le regarde, le pauvre.

« Je suis désolé…je sais à quel point Gareth était important pour vous. »

Il baisse les yeux vers moi avec un sourire tendre.

« Il était important pour tout le monde. »

J’acquiesce…c’est vrai, mais Glenn avait été son élève. Ils étaient très proches, comme père et fils.

« Ca doit être dur pour vous. »

« Ca ira Majestée, je vous aiderai à punir le coupable. »

Je souris sans grande conviction.

« Même s’il y a probablement un homme qui tenait l’épée…je doute qu’il y soit pour grand chose…ma chère…sœur a sûrement donné l’ordre…et un soldat obéit…pas vrais ? »

Glenn reporte son regard vers le bout du couloir.

« Je vous laisse vous occuper de votre sœur, je m’occupe du guerrier. »

« Mais Glenn…le guerrier n’a fait qu’obéir à un ordre direct…qu’auriez vous fait à sa place ? »

Glenn grimace de mépris.

« Il a tué Gareth, je dois le combattre pour qu’il ne prenne pas sa place majesté. »

« Se sont les ordres de ma mère ? »

Glenn secoue lentement la tête.

« Non…Majestée. »

« Alors je vous donne l’ordre d’oublier cette idée tout de suite. Je refuse de faire couler du sang qui nous mènerai à la guerre. »

Glenn baisse la tête et acquiesce.

« A vos ordres Mademoiselle Eileen. »

Il ne dit plus rien, moi non plus, je crispe les sourcils.

Est ce que Alana cherchait la guerre ? Qu’est ce qu’elle voulait ? Qu’est ce qu’elle espérait en tuant mon général ? Celui de mère…. ? Qui a t’elle bien pu envoyer ? Gareth tué, ça semble si…impensable…

En tout cas si son but est de soulever les rancœurs et les haines, elle y est parvenue…tuer Gareth, c’est presque la guerre assurée.

Sauf si on ne répond pas…

Quand je pense que mère l’aime toujours, après les traîtrises de cette garce, cette fille des bas fond, cette putain machiavélique.

Glenn pousse une porte et me cède le passage en gentleman qu’il est.

« Eileen…ma douce, viens près de moi. »

Néris…Reine de ce monde, que deviendrait-il si elle venait à s’éteindre ? Encore plus la tristesse la peur m’envahirait…qu’elle serait la réaction de Alana ?

« Mère…comment vas tu ? »

« Ne t’inquiètes pas pour moi…la mort ne viendra pas avant longtemps. »

Je m’assoie sur le lit et lui prend une main.

« Elle l’a déjà fait aujourd’hui. »

Elle sourit doucement, apaisante. Ses yeux noirs envoie une telle douceur que je suis obligée de me calmer. Oh diable ma rancune pour Alana, je ferais ce que mère voudra que je fasse.

« C’est un drame, la mort de Gareth est un choc que j’aurais souhaiter nous éviter. »

« Alana ne peut pas continuer comme ça mère…elle va déclencher une guerre. »

Une main délicate se pose sur ma joue.

« Ne soit pas si dure avec ta sœur Eileen. Elle a sûrement jugé que c’était bon pour nous…ou pour elle…Gareth a du la blesser…tu sais aussi bien que moi que ta sœur n’agit pas sans motif. Elle sait être une vraie diablesse, mais elle ne l’est jamais pour rien. »

Je jure silencieusement, en détournant les yeux de ma mère. Comment peut-elle avoir une aussi haute estime pour cette…femme ?

« Tu veux que j’aille la voir ? »

« Ce serait le mieux en effet, mettez votre colère de côté pour la durée de ton voyage…je dois savoir pourquoi elle a fait ça Eileen. »

Je sers les dents tous mes muscles se crispent.

Ma mère me regarde tristement en me caressant la main.

« Eileen…j’ai besoin de toi. Je ne peux y aller dans mon état. Et il est temps que vous arrêtiez de vous chamailler. »

« De nous chamailler ? Mais aurais tu oublier ? Le mal qu’elle a fait ? »

« Eileen…Alana n’a jamais su résister, c’est son malheur. »

« Elle avait pas l’air malheureuse mère… »

Je me lève et tourne le dos à ma mère. Dans un sens je la comprend ses filles se déchirant pour le cœur d’une femme. D’une femme que Alana n’aurait jamais du…approcher.

« Eileen…j’espère qu’un jour tu m’expliquera pourquoi cette femme est…était si importante pour vous ? »

J’aimerai bien, mais en faite je n’en sais rien…un stupide parie qui se transforme en lutte acharnée, en mini guerre entre elle et moi...et elle qui gagne, elle qui capture l’âme de la plus belle de la cours.

Concurrence entre sœur, devenue haine. Et ce n’était ni elle ni moi qui avait payé…mais la femme du pari.

Après avoir était se balader de lit en lit, du mien à celui de Alana, revenant dans le mien, repartant dans le sien.

Elle ne sait jamais remise de la trahison de Alana. Alana qu’elle aimait, malgré tous ses défauts.

« Elle a tué une femme. »

« Mais…je ne vois pas pourquoi tant de haine de ta part ? »

Bien sur c’était aussi de ma faute…mais je ne me l’avouerai jamais, plutôt me jeter du haut de la plus haute tours du château que de faire ça.

« Eileen…vous n’êtes plus des enfants, se laçant des défis, vous êtes des femmes, avec de grosses responsabilités…il faut que vous vous réconciliez pour le bien du monde. »

« J’essayerai mère. »

« Et puis vous vous adorez. »

Je grogne malgré moi, je déteste quand elle a raison. Bien sur que j’aime ma sœur, mais je lui pardonnerai jamais d’avoir lancer ce pari débile, et de m’avoir fait jouer avec une femme dont je n’avais que faire à part sa beauté.

Contrairement à Alana, j’ai un cœur, et de la culpabilité. Elle, elle ne s’arrête pas à ça.

Après la mort de Judy, plus rien n’a été, on n’a fini par se haire, par se mépriser, et Alana est partie. Et voilà maintenant 5ans que je ne l’ai pas vu, et ma haine n’a fait que se multiplier en entendant ce qu’elle faisait dans son château…cette catin…ma sœur…elle n’est plus ma sœur, si elle l’a été un jour…elle n’est aujourd’hui plus qu’une étrangère.

« Quoi qu’il en soit Eileen, je veux que tu reviennes avec la réponse à ma question. »

« Bien mère. Il en sera ainsi. »

« Et je t’en pris ne déclenche pas une guerre. C’est bon pour ta sœur aussi. »

« Je lui transmettrai le message mère. »

 


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Chap 2
Créé le : 07 sept. 2006 14h04 Article posté par : Web

            MEGAN :

 

Alana regarde la missive comme figée. Je commence à m’inquiéter.

« Alana ? »

Elle grogne en grimaçant de mépris, pendant un moment j’ai senti mes entrailles se geler, croyant que j’avais gaffer.

« Ma sœur vient…quelle poisse. »

Oh…Eileen, délicieuse demoiselle. La haine que se portait les deux était légendaire, ce n’est donc pas moi qui l’ai énervé.

Eileen…je n’aimais pas cette femme, bien trop mielleuse pour moi, un jour Alana m’avait raconté que leur haine était née à cause d’une jeune femme qui s’était tuée après l’avoir trouvé dans le lit avec une autre, sa sœur lui avait jamais pardonné…elle m’avait confessé qu’elle pensait que Eileen aimait cette femme.

Je n’aime pas les faibles comme cette Eileen, si cette femme s’est tuée pour si peu tant mieux pour elle, elle n’aurait pas survécu dans ce monde.

Je souris en coin.

« Quand arrive t-elle ? »

Alana lève les yeux vers moi et plisse les yeux sous mon air amusé.

« Demain pourquoi ? »

« Vous voulez que je lui prépare un comité d’accueil ? »

Elle éclate de rire en chiffonnant la missive, la laissant tomber. Elle se rapproche de moi en riant doucement.

Je soupire, j’adore sentir ses mains sur moi.

« Oh….Megan…quelle délicate intention… »

Je souris fière de moi. Elle pose ses lèvres sur ma mâchoire et l’embrasse tout en venant contre moi.

Elle mordille ma peau et remonte jusqu’à mon oreille.

« C’est adorable Megan, mais je dois refuser…c’est ma sœur quand même… »

« Je comprend, mais un mot de vous… »

Elle pose une main sur ma joue et me sourit, elle a l’air vraiment touché. Je détourne les yeux mal à l’aise.

« Megan, qu’est ce que je ferais sans toi ? Tu es bien trop bonne avec moi…je sais que tu te méfies de moi. Et je t’en prie continues…je n’ai pas envie de t’en vouloir pour quelque chose. »

« A vos ordres Princesse Alana. »

Elle gémit en fermant les yeux.

« Ce que j’aime quand tu dis ça. Toi, la grande Megan, obéissant à mes ordres. Qu’est ce que ça peut-être existant. »

Je déglutie. Elle rouvre les yeux et sourit amusée.

« Je ne suis pas le monstre que tu crois. Mais je ne suis pas l’ange que ma mère croit que je suis. »

« Je ne vous vois comme un monstre. »

« Oh…et comment me vois tu alors ? »

Elle s’éloigne de moi, et tourne sur elle-même pour que je puisse admirer son corps terriblement aguicheur dans ses vêtements de cuirs.

Troublée par la question je reste quelques secondes à la contempler, avant de répondre.

« Comme la plus femme du monde. »

Elle arrête de bouger et me fixe les sourcils crispés.

« C’est très gentil. »

Je m’incline sans la quitter des yeux.

Elle se mordille la lèvre, les yeux brillants de quelques choses que je n’avais encore jamais vu…je crois que je suis incapable de savoir ce que c’est…de la peine, de l’envie ? Du désir ? Du désespoir ?

Elle se reprend vite, et retourne vers son bureau pour écrire quelques mots.

« Je veux que tu accueilles ma sœur comme son rang le veut, ne la quitte pas d’une semelle. C’est important, si elle repart fâchée on pourrait entrer en guerre…et je ne pourrais pas faire ça à mère…ou même à vous…une guerre stupide et sanglante entre sœur, à cause d’un putain de pari stupide. »

Je fronce les sourcils.

« Vous voulez…que je lui obéisse ? »

Elle tourne la tête, suppliante, je manque un battement de cœur en la regardant bouche bée.

« Je sais que je te demande beaucoup…mais s’il te plaît…c’est important. »

Je soupire et baisse la tête.

Si c’est pour le bien de tout le monde je devrais bien réussir à faire quelques efforts.

« Je vous promet de subvenir à tous ses besoins pour vous Alana. »

« Tu verras…je suis sure qu’elle va te plaire. »

Elle semble un peu perturbée et retourne à ses occupations.

Il gèlera en enfer quand cette femme me plaira.

« Autre chose Megan…il ne faut pas que Eileen soit au courant pour Gareth. »

Alors là je comprend plus rien.

« Elle ne vient pas pour ça ? »

« Si…mais elle ne doit pas savoir pourquoi. »

« Je ne comprend pas…elle comprendrait sûrement n’importe qui comprendrait votre décision. »

J’avais appris plus tard que Gareth levait une armée pour tué la reine et entraîner la guerre entre les deux sœurs, récupérant le pouvoir en les laissant s’entre tuer.

Alana s’assoit dans son luxueux fauteuil.

« Gareth est vu comme un héros, ma mère lui donnait toute sa confiance. Je préfère me faire détester que de blesser ma mère par des vérités qui n’ont pas besoin d’être su. »

« Vous ne croyez pas que…que vous détestez lui fera plus mal ? »

Elle hausse une épaule déjà ailleurs.

« Je verrais ça dépendra de ma sœur. »

J’en apprenais plus chaque jour sur cette femme…je l’avais peut-être très mal jugé. Elle doit faire le sale boulot pour sa mère et sa sœur. Mais qu’est ce qu’elle cherche à faire ? Se faire pardonner ? Se racheter ? Si c’était ça, elle devrait plutôt se venter de ce qu’elle faisait plutôt que de faire croire qu’elle était un monstre.  Les femmes sont tellement compliquées…c’est horrible…

« Oh…au faite Megan…ne touche pas à ma sœur…je te tuerai si tu lui fais du mal. C’est compris ? »

Je souris rassurante.

« Je ne la toucherai pas Majestée, j’en fais le serment. Même pas une pichenette. »

« Je parlais pas de ce genre de toucher Megan. »

Oh…c’est vrai que si on veut bien recevoir une Princesse faut éviter de la frapper. Alors si c’est pas ça c’est… 

« Je…ne me permettrais pas Alana… »

« Je te connais, tu sais pas dire te contrôler avec les jolis corps…et ma sœur est splendide. »

« Votre sœur ne m’intéresse absolument pas Alana, j’ai déjà du mal à me dire qu’il va falloir que je sois gentille avec un personnage comme elle…vous êtes vraiment de la même famille ? »

Alana éclate de rire.

« Ne te fie pas au ragot de bonne femme Megan…ma sœur est un vrais petit phénomène, tu vas l’adorer…et tu ne la touchera pas…pas vrai ? »

« Non Majestée, je ne tenterai rien. »

« C’est bien, j’en serais vraiment attristé si je devais me séparer de toi. »

« Vous n’aurez pas à le faire. »

« Parfais. Va maintenant j’ai à faire. »

Je m’incline et part sans la quitter des yeux. Méfiance quand tu nous tiens…je commençais à lui faire un peu plus confiance et elle trouve rien de mieux que de menacer de me tuer.

Je ris en allant vers mes quartiers. Récupérer, je sens que demain va être une longue nuit.

Si en plus elle arrive en pleine journée, je l’égorge…enfin façon de parler…de toutes façon elle n’aura pas idée de faire ça…elle sait bien que sa sœur des êtres qui ne supportent pas de voir ce foutu soleil de merde…

Je grogne…je suis sur qu’elle va se faire un plaisir de me faire lever à pas d’heure, rien que pour m’emmerder. 

 

 

            EILEEN :

Je fixe le paysage qui défile à vive allure, grimaçant à chaque fois que la carriole est secouée par les trous du vieux chemins.

Je déteste les longs voyages, encore plus quand c’est pour aller voir Alana. Je ferme les yeux en soupirant. Il faut que j’arrête…pour une fois, on doit pouvoir se parler sans s’insulter…il faudrait pas créer une guerre stupide.

Alana….qu’est ce que je vais bien pouvoir faire de toi ?

Glenn me sort de mes pensées en apparaissant sur son grand étalon par la fenêtre.

« Majesté, nous arrivons. »

J’acquiesce dans sa direction, il repart au galop vers l’avant du cortège.

Cinq minutes plus tard mon calvers s’arrête enfin. Glenn réapparaît devant la petite porte, je sais pas pourquoi mais il a l’air énervé.

Il m’ouvre la porte et me tend la main.

« Glenn ? Qu’y a t’il ? »

Il grogne un peu, en haussant une épaule.

« Rien de grave Majesté…nous devons nous dépêcher d’aller dans votre chambre. Il ne va pas tarder à faire nuit. »

Je grimace…oui, j’ai pas envi de me retrouver parmi la cour de Alana….la nuit c’est leur heure à tous ses dépravés.

Je laisse ma main se poser sur celle de Glenn alors qu’il m’aide à sortir.

Je jette un rapide coup d’œil autours de moi, bien….au moins Alana n’est pas, j’ai encore une minute de répit.

Je me fige comme glacée sur place, j’arrive à peine à me rappeler de respirer. Mes yeux sont comme ancrés profondément dans de splendide yeux jaunes perçant, encadrés par des cheveux rouge et noir en bataille. Mon dieu quel regard. Je sens toute mon âme se faire sonder par se regard de glace.

Sa voix vibrante et sexy m’envoûte lorsque ses lèvres parfaites s’ouvrent pour laisser couler quelques mots d’une manière si aguicheuse que je me demande si elle s’en rend compte.

« Bonjour Princesse. Vous avez fait bon voyage ? »

Ses mots sont polis, mais la lueur d’amusement dans ses yeux ne me trompe pas.

Elle me libère de son emprise en tournant ses magnifique yeux jaunes vers Glenn, ils l’inspecte silencieusement, moqueurs.

« Votre ours de compagnie va porter vos bagages ou vous avez besoins d’aide ? »

Glenn s’avance menaçant, elle ne bouge pas d’un poil, le défiant de son regard d’acier, un sourire amusé au coin des lèvres. Bon Dieu, cette fille respire la sensualité par tous les  pores de sa peau.

« Megan…un jour viendra où je pourrais enfin sentir ton sang sur mes mains… »

Glenn crache ses mots haineux au visage parfais. Megan….c’est donc elle…

Megan sourit comme si elle était flattée.

« Mon pauvre chou…tu m’arrives pas à la cheville. »

Elle ricane avant de se figer et de s’écarter. Plus belle et dangereuse que jamais, Alana  se love tout contre son général lui caressant le ventre.

« Megan…un peu de courtoisie tu veux ? »

Megan s’incline légèrement en inspirant le parfum empoisonné de ma sœur.

Alana l’embrasse sur la mâchoire avant de continuer vers moi.

Elle est encore sexy qu’avant je crois. Ce qu’elle peut être provoquante.

Elle me regarde un moment de la tête au pied, ses yeux noirs brûlant.

« Eileen…regardes toi…si t’était pas ma sœur… »

Je grimace en lui rendant son regard. Elle tend la main en arrière et Megan approche sans bruit de sa démarche envoûtante. Je crois que j’ai un sérieux problème…mais elle a l’air tellement…douée. Je ne peux m’empêcher de frissonner en laissant malgré moi mes yeux dévorer la splendide créature de Alana.

« Megan….dis moi…tu ne la trouves pas…à croquer. »

Les yeux de Megan me caresse, elle penche la tête en fixant mon cou.

« A croquer majesté. »

Alana la pousse un peu en riant.

« Pas touches à ma sœur toi. »

Megan se tourne vers Alana et caresse le cou de ma sœur avec son nez, ses lèvres entre ouvertes, elle lui murmure quelque chose avant de refermer ses lèvres sur le lobe de Alana, qui se mord la lèvre sans me quitter des yeux.

Quand Megan dirige son regard enflammé dans le mien, je déglutie, et merde.

Alana crispe un peu les sourcils, après un moment elle repousse Megan qui sourit, elle a l’air de vraiment beaucoup s’amuser, mais je crois pas qu’elle voit le regard que me lance Alana…oh je crois que j’ai pas vraiment le droit de regarder sa Megan comme ça….mon dieu ce que je la comprend.

Je souris, ça risque d’être amusant.

Alana grogne en s’approchant de moi, laissant son général avec Glenn.

« Eileen…qu’est ce que tu me veux ? »

« Moi ? Tu rigoles ? Je préfèrerai être partout qu’en présence de ta carcasse puante. »

Elle crispe les sourcils.

« Mère m’envoie…grande sœur. »

Oh….elle n’aime vraiment pas ça. Je rie sous son regard assassin, au bout d’un moment je me penche pour lui murmurer.

« Ne t’inquiètes pas, je ne dirais à personne combien tu te fais vieille… »


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Chap 3
Créé le : 07 sept. 2006 14h05 Article posté par : Web

            MEGAN :

Je crois que leur relation est vraiment pas au beau fixe, quand je sens Alana contre moi, essayant de provoquer sa sœur. Pas que je me plaigne….c’est vraiment à mourir de rire.

Eileen…Alana avait raison, ce bout de femme est tout ce qu’il y a de plus désirable, j’irais pas à dire plus qu’Alana, je tiens à ma vie…mais…miam.

Elle a des yeux si bleus, si brûlant de passion si timide…Oh Satan tu m’avais cacher cette créature, elle est loin d’être la petite fille prude dont on m’a parlé.

Alors qu’elle parle avec sa sœur je la regarde en souriant. A croquer… ? A dévorer oui….j’en laisserai pas une miette.

Ses courbes harmonieuse, sa démarche aguicheuse, ses gestes innocents, si fluide.

Alana hoche la tête en souriant.

« Bien…Megan….emmènes ma sœur dans ses quartiers s’il te plaît. Glenn…tu connais le chemin. »

« Oui Majesté. »

Eileen me jette un coup d’œil avant de partir devant, je regarde les valise puis la princesse, qui s’arrêtes.

« Eh bien ? »

Je fronce franchement les sourcils. Elle va pas en plus de me réveiller à des heures pas possibles me faire porter ses valises?

Eileen sourit gentiment en revenant vers moi.

« Qu’est ce qu’y a ? »

« Vos valises princesse. »

« Oui et ? »

« Jvais quand même pas me les taper ? »

Eileen penche la tête, un peu choquée je crois…oh sa majesté à pas l’habitude qu’on lui parle sur ce ton je crois. 

« Megan…soit un amour tu veux… ? »

Je soupire en sentant les mains de Alana sur moi. Elle dit à sa sœur sur un air de confidence.

« Megan est un sale caractère, faut savoir demander les choses… »

Je souris à la princesse quand elle détourne les yeux des mains de Alana qui s’aventure peut-être trop à son goût…ce qu’elle peut faire prude quand elle s’y met.

« A vos ordres majesté. »

Je me dégage des bras de Alana et je me coltine les bagage de l’autre princesse coincée.

            Quelques heures avant le coucher du soleil, je me retrouve à nouveau devant sa porte. Je soupire, Alana veut que je sois son chaperon ou quoi.

Je lève une main pour frapper, mais des notes de piano, me fige dans mon geste fixant ma main tremblante, déconcertée. Je pose ma main à plat sur la porte en fermant les yeux reprenant le souffle que j’avais perdu sans m’en rendre compte. Mais qu’est ce qui se passe encore ?

Je tend l’oreille, oh par Satan, ce que c’est beau. La tristesse du morceau me trouble encore plus je crois. Eileen. Je suis presque sur que c’est d’elle. La pureté, la volupté, la tendresse de l’enchaînement ne peuvent être que d’elle, c’est comme si elle jouait ce que je pouvais voir dans son regard.

La nostalgie portée par les notes me fait presque oublier où je suis, par dessus la musique je peux entendre les rires enfantins, c’est comme si je pouvais sentir le soleil caresser encore mon visage, l’herbe sous mes pieds, la légère brise portant le parfum de la maison…

La porte s’ouvre me sortant brutalement de ma rêverie, je trébuche en avant.

Je secoue la tête pour retrouver mes esprits, tout retombe comme un bloc, tout ce qui c’était passé depuis cet été là, tout ce que j’étais devenue.

Je me redresse en me dégageant un peu brutalement des mains qui m’ont rattrapé.

Je grogne en me maudissant. Sans regarder les yeux que je sais bleus, j’entre dans sa chambre.

« Je peux savoir ce que tu fais là ? Megan ? »

Je me laisse tomber dans le fauteuil. Je la regarde enfin, la bouche légèrement ouverte, encore sous le coup de la surprise, les yeux curieux, méfiants, ses sourcils  légèrement crispés dans l’attente, elle est vraiment magnifique, si seulement je pouvais…

« Est ce que sortir vous plairez princesse ? »

Elle croise les bras, c’est adorable. Je ne peux m’empêcher de sourire.

« Et pourquoi ça devrait me plaire ? »

J’hausse un sourcil arrogante.

« Parce que quand j’invite quelqu’un ça plait forcément princesse. »

Elle renifle moqueuse, je crois que ça pourrait être drôle.

« A moins qu’une petite princesse coincée de votre genre, ne puisse pas s’amuser…Alana m’avait pourtant… »

« Arrêtes ça tout de suite. »

Je me lève brusquement, et m’avance jusqu’à ce que mon corps touche presque le sien. Je déteste ça.

« Ne me donnes pas d’ordre…princesse. »

Elle ne bouge pas d’un poil sous mon regard noir. Je suis impressionnée, une petite fille comme elle qui n’a pas peur de moi.

« Je te parle comme tu mérites qu’on te parle… »

Son air dégoûté me fait sourire.

« Tu te crois meilleur que moi pas vrai ? Tu te crois supérieure, mais chérie…la seule différence entre toi et moi, c’est que toi tu as le sang d’une reine en toi et moi j’en ai sur mes mains. Alors ne me cherche pas. »

Elle frissonne mais ne flanche pas.

« Tu me menaces. »

Pendant une minute, une toute petite minute, j’étais, siiii tentée de dire oui. Mais à la regarder là, son visage à quelques centimètres du mien, ses yeux de glace dans les miens…je me suis dit que c’était probablement une idée stupide.

Ma main se lève pour attraper sa mâchoire, serrant doucement. Elle ne me quitte toujours pas des yeux, je pourrais simplement lui broyer la tête…sentir son sang chaud couler sur ma main.

Mes lèvres s’approchent de son cou sans que je m’en rende compte, j’inspire tout contre sa peau, oh Satan l’odeur de son sang, si pur, si innocent, son pou rapide pulsant contre sa peau.

Je me recule en souriant.

« J’oserai pas. Princesse. »

Elle déglutit, sans oser bouger, après tout…peut-être que je commence à l’inquiéter un peu.

« C’est toi qui a tuer Gareth pas vrai ? »

Je m’y attendais pas. Bien sur que c’est moi petite sotte. Qui d’autre ?

Je m’approche encore d’elle, elle recule je pose mon autre main contre le mur près de sa tête. Ma poigne sur sa mâchoire se sert comme un étau. Question stupide.

Je crois qu’elle le sait.

« Je crois pas que Alana appréciera que tu me fasses quelque chose. »

Je ne répond pas pendant quelques secondes, la laissant mariner.

Tout en fixant son cou, je sens malgré moi la lèvre supérieure se relever, je sais à son regard que ma canine doit avoir grandie. Merde. Je cligne des yeux pour me remettre les idées en place. C’est pas le moment de perdre le contrôle.

Putain, il me faut ma dose et vite. Mordre la sœur d’Alana est une très mauvaise idée.

« Qui te dit que c’est pas elle qui m’envoie. »

Elle tremble encore mais je crois que c’est le soulagement de voir mes canines reprendre une taille normale. Elle finit par murmurer, la voix un peu casser.

« Alana est peut-être une salope, mais elle n’est pas stupide. »

J’entend la porte s’ouvrir, des mains fortes emprisonnent mes poignets et me fait reculer violemment, sans me lâcher.

Avant que j’aie le temps de réagir un point s’abat sur ma tempe, me sonnant. Je réussis quand même à faire un bond en arrière en apercevant un autre point féroce, qui ratant sa cible s’encastre dans le sol.

Je fais un petit salto arrière pour me remettre que mes pieds, faisant face à mon agresseur.

Glenn se redresse lentement sans me quitter des yeux, le point en sang, il se place lentement entre moi et sa chère princesse chérie.

Elle fait si petite à côté de lui. Faut dire que moi aussi. Même si on sait tout les deux que je suis plus forte que lui. Enfin moi je le sais…lui sûrement pas….trop de fierté dans ses gros muscles. Stupide.

Oh et puis pourquoi pas, ça me distraira. Non….c’est vrai…ma dose.

Il n’attend pas que je me décide, il fonce sur moi comme un crétin de base.

Je le regarde courir en souriant avant de me lancer dans les airs. Je prend appuis sur le haut de son crâne vide, d’un pied, enfonçant mon autre talon entre ses deux omoplates.

Il s’effondre dans un grand fracas. Alors que j’atterris doucement sur mes pieds comme le félin que je suis.

Je le regarde se débattre avec le bureau qu’il vient de briser, se relevant en titubant.

Dans un bruissement de veste en cuire que j’adore je m’élance vers lui.

« NON. »

Le bout de mes doigts se fige à quelques millimètres de son cou, il se fige ne respirant même plus, il sait que ça aurait du être fatal.

On se fixe un long moment, lui le regard, perdu, agrandis devant la surprise. Il n’a pas le temps d’avoir peur. Je grogne. Le premier son depuis une trentaine de seconde.

Ma haine et ma soif de mort se calme un peu. Laissant mes sens revenir petit à petit. Je sens le parfum de Alana, de Eileen. Mais aucune des deux ne bougent.

JE me redresse en serrant mon point qui a été si près…j’inspire un grand coup, pour calmer le battement de mon cœur.

Glenn retombe sur le sol, me fixant comme si j’étais le diable incarné. Je souris, je suis juste l’une de ses créatures…pas de panique.

Je passe ma langue sur ma canine gauche, la sentant se rétracter.

Je lâche enfin Glenn du regard et me tourne vers la porte.

Je lance un regard vers Alana, dont une main est posée sur l’épaule de sa sœur. Quelle tableau de famille émouvant.

Alana ne dit rien, elle se contente de me regarder, ses yeux sombres ne trahissant aucune émotion.

Je m’approche des deux sœurs.

« La prochaine fois dit à ton animal de compagnie de contrôler ses réactions. »

 

            EILEEN :

Oh merde…par tous les Dieux…qu’elle force, quelle agilité, je n’ai rien vu de ce qui s’est passé, mais je sais que sans l’intervention de Alana, ça aurait pu déclencher une guerre. Une telle soif de violence ne peut être naturelle. Un tel désir de tuer brillant dans ses yeux si sensuels.

« Megan, va te reposer, t’as l’air à bout. »

Megan lance un regard féroce à Alana qui ne bronche pas. Elle a l’air….inquiète. Elle lève une main pour toucher le bras de son général mais elle ne finit pas son geste, figé en l’air, le regard perçant jaune ancré profondément dans le sien, la prévenant de ne pas faire ça.

Megan a l’air sur le point….d’imploser, son corps est si tendue.

Alana baisse sa main, Megan reste a nous regarder un moment dégoûté. Elle finit par bouger et jure en sortant.

Je me tourne vers Alana intriguée. Je cherche mes mots en essayant de faire le trie dans l’afflux de pensées contradictoires qui ont pris possession de mon esprit. Alana finit par détourner ses yeux de la porte close, pour me jeter un coup d’œil. Sous son regard curieux j’essaye de m’exprimer.

« Elle est toujours…aussi…? »

Je montre la porte d’un geste désespéré pour un tentative de communication efficace.

Alana me gratifie d’un petit sourire en coin, en haussant un sourcil, apparemment elle ne va rien faire pour m’aider…j’aurais du m’en douter. Alors comment définir Megan ? Si je dis féline ça risque d’être compris de travers surtout par ma sœur. Mais c’est vraiment ce qu’elle est…sa souplesse, sa facilité à charmer, à envoûter, ses yeux brillant de sensualité, son corps fin et musclé, son intensité, sa démarche, tout me fait penser à je sais pas…une panthère, ou quelque chose du genre.

Tant pis, j’assume.

« ….féline ? »

Alana hausse brièvement les deux sourcils avec un sourire mystérieux, l’air de dire ‘si tu savais’, je crois que je la hais encore plus, parce qu’elle me nargue, et parce qu’elle sait très bien ce qu’elle fait, et qu’elle me connais par cœur. Ses yeux brillent de malice, elle sait qu’elle vient de gagner et que ça me met hors de moi.

« Megan ? Féline ? Je crois que ce mot a été inventé pour elle. Tout ce qu’elle fait….elle le fait tellement bien… »

Alana soupire avant de rire sous mon regard noir.

Elle redevient sérieuse, très sérieuse.

« Méfie toi Eileen. Elle ne joue pas dans la même cours que toi…elle ne ferais qu’une bouchée de toi. »

Je la fixe méprisante, qu’est ce qu’elle peut m’agacer.

« Pour qui tu me prends ? »

Elle sourit tendrement.

« Pour ma petite sœur. »

Elle pose brièvement sa main sur mon épaule et sert doucement.

« Fait juste attention ok ? »

Je me contente de la fixer, méfiante. Est-elle sérieuse ? Peut-être. En tout cas elle me rend mon regard quelques secondes avant de passer la porte me laissant seul avec mes pensées étranges…et un bureau détruit. Je l’avais oublié celui là.

Je fixe un moment le meuble martyrisé, je soupire en fermant les yeux, les images de Megan s’élançant dans les airs par dessus Glenn avec une facilité…déconcertante et ce bruit…de cuir quand elle est partie pour attaquer mon grand protecteur…Dieu ce que c’était sexy. Ca m’a retourné les sens, les pensées, ma raison, si Alana n’était pas intervenu, Glenn serait probablement mort.

Je secoue légèrement la tête. Ca sert à rien de repenser à ça, de toute façon je vais bientôt partir et je ne suis pas la pour flirter avec le général encore plus dingue qu’Alana.

Je me tourne vers la porte, il faut que je bouge. Tant pis, Alana a du donner des consignes à ses hommes pour qu’ils ne me fassent pas de mal.

Je sort en essayant de faire le trie dans ce que j’ai sur l’affaire qui m’amène ici.

Si Alana a bien donné l’ordre de tuer Gareth…une seule personne a pu le faire. Megan. Mais elle ne semble même pas fatigué, ou blesser, et malgré tous ses dons, Gareth était un guerrier…extrêmement fort…plus fort qu’elle, je crois.

Je réalise soudain que les couloirs sont déserts. Pourtant il fait nuit, je ne comprend pas. Où sont tous les dépravés qui vivent la nuit… ? Du moins d’après la rumeur.

Troublée par tant de calme, j’arpente lentement les couloirs du palais luxueux et sombre de Alana. Elle a toujours ce goût décalé pour le noir. Je souris sans m’en rendre compte, j’imagine très bien son général se déplacer dans ses couloirs noirs, avec sa démarche…

Je tourne la tête pour mieux entendre. Il m’a semblé entendre de la musique….enfin de la musique…un espèce de bruit très cadencé.

Curieuse comme je suis, je n’ai d’autre choix que de pousser plus loin mon investigation. De toute façon je n’ai aucune idée sur le moyen de retourner dans ma chambre, il faut que je trouve Alana.

Je reste un moment devant une grande porte. La musique semble sortir de la pièce que cache cette porte, étouffant les bruits, apparemment très fort.

J’hésite, qui ne le ferait pas dans ma situation. J’allais faire demis tours, quand la porte s’ouvre sur un homme encore plus grand et musclé que Glenn.

Il me regarde de la tête au pied.

« Entrez Madame. »

Il me laisse passer, je regarde derrière lui, il y a une sorte de pièce sombre, qui débouche sur une autre où des flash de lumières m’aveuglent même d’ici.

J’entre quand même, la porte se referme sur moi.

« Votre sœur est sur la piste…comme d’habitude. »

« La piste ? »

Il ricane mais ne répond pas, me laissant dans la pièce sombre.

Bon, au moins Alana est là.

Je prend une grande inspiration. La musique est assourdissante. Impossible de parler et de se faire comprendre sans crier…à moins d’être très proche.

Je me fige en arrivant devant une immense salle. Je crois que tout le…peuple de Alana est là. Tous entrain de danser sur de la musique folle furieuse.

Dans la masse de corps je ne distingue pas grand chose. Le noir dans lequel est plongée la salle donne une certaine intimité. Les corps sont éclairés par différents jeux de lumières. Quel spectacle étrange.

Je retrouve l’usage de mes jambes, enfin. Je me dirige vers un tabouret libre au bar.

Je regard autours de moi en m’asseyant, et j’ai bien faillit rater le siège en voyant ma sœur et…oh merde, j’aurais jamais du venir.

Megan passe les mains dans le dos de ma sœur collée contre elle, leur bassin bougeant ensemble en rythme. Les fronts l’un sur l’autre, les lèvres à quelques centimètres.

Féline…c’est vrai que ce mot a été inventé pour elle.

Je sursaute quand une main se pose sans ménagement sur mon épaule.

« Tu danses ? »

Je me fige. Re-oh merde. J’aurais du me mettre sous mes couettes.

Je me tourne encouragé par la poigne brutale sur mon épaule.

« Quoi ? »

Je fais maintenant fasse à un grand…trop grand soldat de Alana. Il me regarde avec cette lueur lubrique dans les yeux que je déteste profondément. Ca sent mauvais…je crois que j’ai des problèmes.

En jetant un coup d’œil vers Alana, je vois qu’elle est trop occupée à se frotter contre Megan pour remarquer mon petit minois. Si elle continue elle va finir par briller.

Je déglutis en essayant de trouver un échappatoire. Une main attrape férocement mon bras me faisant grimacer de douleur.

Je grogne en essayant en vain de me dégager.

« Lâches moi. »

« Danses. »

Il me jette dans la fosse aux loups brutalement, je sens le tabouret tomber sous moi. Il me tient debout de sa poigne puissante. Aie. Je vais avoir un bleu énorme.

Je sens son autre main se poser sur moi. Megan, jt’en prie.

Et comme si elle avait entendu ma prière silencieuse.une Megan l’air vraiment pas contente du tout se place derrière l’homme.

« T’as intérêt à enlever tes sales pattes tout de suite. »

Il tourne la tête vers son général avec un sourire mauvais