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MEGAN « Megan ! Alana te demande. » J’entends la porte se refermer, je grogne en ouvrant un œil. Qu’est ce qu’elle me veut à 10h ? Elle dort jamais c’est pas possible. Je teste chaque muscle, au moins je suis en un seul morceau. Je me cambre pour faire craquer mes os, soulevant les deux corps blottis contre moi légèrement. Sans trop m’en rendre compte ma langue vient glisser sur ma canine alors que les peaux glissent sur la mienne. Je soupire, et finit par me décider…c’est jamais très bon de faire attendre Alana. Je me dégage en grognant des deux paires de bras. Le vide que j’ai laissé entre les deux corps est vite comblé avec des petits gémissements mécontents. Assise sur le lit je me masse la nuque en baillant. Une main vient dans mon dos bougeant sur ma peau, suivant les lignes tracées par mes muscles, je ferme les yeux sous les délicates caresses. C’est pas possible…la poisse. « Hum…Megan…où tu vas ? Reste… » Sans me retourner vers le lit je soupire. « Désolé princesse mais j’ai à faire. » « Alana te laissera jamais tranquille ? Il fait jour… » Un corps se colle dans mon dos, des lèvres dévorent mon cou. Je souris en attrapant un haut, je l’enfile, décollant les seins de mon dos. Je cherche un pantalon des yeux et me lève péniblement. « Dors. » « Hum….comme tu veux…reviens vite. » J’attache le bouton et sors de la chambre en m’étirant. Le garde est toujours là, je soupire et secoue la tête pour m’éclaircir les idées. Il me regarde avec un sourire moqueur au coin des lèvres. Je peux pas le blairer ce cornard. « Qu’est ce qui se passe ? » « Aucune idée…suis moi. » Je le fixe un moment de la tête aux pieds, je le vois trembler. Quand je plonge mon regard méprisant dans le sien je crache entre mes dents d’une voix glaciale. « Je sais où elle est. » Je souris encore plus en sortant une cigarette du paquet. Faut pas m’énerver en pleine journée. « Qu’est ce qui te fais sourire ma belle ? » Je me fige droite comme un piqué. Cette voix…J’aperçois une silhouette dans l’ombre devant moi. J’ai reconnu la voix…il m’en faut pas plus. La cigarette est jetée à terre et mon genou droit se pose sur le marbre noir, ma tête s’incline. « Alana… » Je sens sa présence se rapprocher, son aura m’entoure, m’enveloppe comme un manteau. Je déglutis sous l’afflue de sensations qui m’envahissent. Une main me relève le menton. Une main terriblement douce, terriblement violente et forte à la fois. Cette odeur… Je redresse un peu la tête, mais n’ose la regarder. Elle fait glisser sa main sur ma joue, jusqu’à ma nuque. « Relève toi Megan. Pas de ça entre nous. » J’obéis sans rien dire. Je baisse les yeux pour tomber sur de splendides jambes nues. Et merde, je ferme les yeux et compte jusqu’à 10…enfin j’essaye elle m’empêche de finir en venant se lover tout contre moi. Son corps attisant le mien, ses mains brûlantes sur ma peau. « Megan…j’ai quelque chose à te demander. Tu veux bien ? Pour moi… » Ses mains passent sur mon ventre, sensuelles, je déglutis difficilement, en ouvrant les yeux, je tombe directement dans les flammes des prunelles noires qui me fixent, encadrés par de longs cheveux tout aussi noirs. « Bien sur… » Son doigt parcoure ma mâchoire alors que ses lèvres s’étirent dans un sourire aguicheur et ravi. « T’es chou. Gareth n’a pas été des plus gentil avec moi…est ce que tu pourrais…faire quelque chose ? » Je me sens sourire, elle se colle encore plus contre moi, sa peau frôlant mes vêtements. Je laisse mon regard vagabonder sur la perfection de son corps, mis en valeur dans les sous-vêtements aguicheurs. La longue veste en soie vole légèrement autours d’elle lui donnant une dose supplémentaire de mystère…la rendant encore plus désirable…oh Satan de toutes tes créatures c’est bien elle ta plus belle création…quelle beauté. « Bien sur…avec plaisir…j’ai jamais pu…le voir. » Elle me sourit, ses yeux brillants. « C’est parce que tu es d’une jalousie maladive mon chou. » Je tremble, ses lèvres se rapprochent des miennes, elles se frôlent longuement, je ne bouge pas, entre ouvrant juste la bouche pour inspirer un peu d’air indispensable à ma survie. « Jte fais confiance, tardes pas trop. Tes conquêtes d’hier vont t’attendre. » « Ok… » Elle se recule et me tourne le dos, j’admire ses courbes quelques secondes avant de filer, sa veste volant derrière elle. Je passe mes mains dans les cheveux en tournant sur moi –même. « Piouf. » Et je me remets en marche. Les mains croisées derrières la nuque je me dirige en sifflotant dans les couloirs déserts de l’immense demeure de Dame Alana… Alana est la fille préférée de la reine Néris, enfin c’est ce qui se dit…après tout personne n’a jamais su dire ce que pensait vraiment la reine. Une femme remarquable, une femme à la fois admirable et terrorisante…personnellement je l’ai jamais vu, mais les rumeurs vont bon train dans son peuple. Mon rôle dans l’armée de la Princesse Alana me permet de voir du paysage. Générale…je ricane…je crois que je le dois surtout à mes dons dans un lit plutôt que sur un champ de bataille. Mais Alana n’a pas l’air de vouloir me retirer de la tête de son armée…alors j’ai pas du faire de bourdes énormes. Lors d’une campagne, j’ai cru entendre un des hommes de l’armée de la Reine Néris se venter de la connaître, et quand on lui demandait des descriptions, il parlait de la Reine avec une telle dévotion, un tel amour…que je doute toujours de son objectivité, il disait que la reine est une femme douce, aimante, juste et bonne. Tout le contraire de sa fille cadette. Alana…Alana est brutale, caractérielle, méprisante, dominatrice, calculatrice…alors je pense sérieusement que la Reine n’a pas pu enfanter de son contraire…alors cet homme mentait. Même si Alana a un corps de rêve, à une peau hypnotisante, des yeux flamboyant de passion, même si je suis incapable de lui refuser quoi que soit, même si je sais que je suis à ses pieds…jamais…oh grand jamais je ne la quitterai des yeux une seconde, c’est le genre de femme à être un chaton à se blottir contre vous, et la seconde suivante vous planter une dague dans les côtes, toutes griffes dehors. Elle est dangereuse, dangereuse parce qu’elle est belle, dangereuse parce qu’elle a toujours ce qu’elle veut, dangereuse parce qu’elle est terriblement intelligente, dangereuse parce qu’elle sait utiliser la moindre parcelle de son corps. Dangereuse parce qu’elle a trouvé le moyen de me mettre à ses pieds. C’est une rose par excellence. Une magnifique rose, une rose qu’on veut cueillir à tout pris, une rose qui parviendra à vous piquer malgré toutes les précautions que vous prenez. Mais pour l’instant elle a besoin de moi, alors je risque rien, alors je lui obéis, je lui donne aucune raison de vouloir ma mort, ou pire… Et puis, elle sait demander les choses… J’entre dans les écuries et parcoure les quelques mètres qui me séparent du grand boxe de ma jument. Je m’accoude sur le muret de bois en la regardant venir vers moi déjà sellé. « Déjà prête ma belle, Alana a tout prévu… » Elle hennit, je souris. On sort des écuries, je soupire en grimpant sur son dos et la fait partir au galop sous la pluie. EILEEN : Je soupire en regardant vers la fenêtre. La pluie…je déteste la pluie. C’est si déprimant, et puis être obligée de rester enfermée. Les rues sont toujours désertes quand il pleut, personne ne sourit quand il pleut, la vie prend un rythme étrange. Je soupire en marchant vers la cheminé où crépitent quelques bûches. Je fixe le feu joyeux qui joue à mes pieds. De légers coups contre la porte me sortent de mes pensées. « Oui ? » La porte grince doucement en s’ouvrant. Une montagne de muscle s’incline de devant en souriant gentiment. « Eileen…vous êtes ravissante. » Je lui rends son sourire en haussant une épaule. « Merci Glenn. » Le grand blond incline la tête avec toujours ce sourire amical. « Votre mère m’envoie vous chercher Princesse. » Je crispe les sourcils. « Comment va t-elle ? » « Son état s’améliore. D’après les guérisseurs, elle devrait être sur pieds d’ici quelques jours. » Je soupire un peu soulagée. Depuis quelques temps, ma mère était prise de maux étranges. Une forte fièvre la clouait au lit. Heureusement tous les guérisseurs du pays s’étaient penchés sérieusement sur son cas. Et en peu de temps ils avaient trouvé les plantes qui soulageraient la Reine du mal qui la rongeait. « Voilà qui me rassure. » « Elle souhaite vous parler d’une mission il me semble. » Je sens ma curiosité me titiller sans prévenir. « Une mission ? » « Oui Altesse. Un petit voyage chez votre sœur, d’après ce que j’ai compris. » Je me redresse d’un coup. Ma sœur. « Ma…sœur ? » Je sens malgré moi la haine glacer ma voix. Glenn perd son sourire et ses yeux marron brillent de peine. « Il me semble oui. » « Qu’est ce qu’elle a encore fait cette…cette chose ? » Glenn sourit en coin amusé malgré la situation. « Gareth est mort Majestée. » Mon sang se glace. Non, elle n’aurait pas osé, pas le commandant en chef des armées de notre pays…mais qu’est ce qu’elle a dans la tête ? Cette fille est vraiment d’une débilité… « Comment ? Je le croyais infaillible. » Glenn soupire en baissant la tête. Il murmure d’une voix triste. « Il l’était Majestée. Mais il ne l’est plus. » Glenn hausse une épaule, il réfléchit quelques secondes. « Votre mère en sait plus que moi. » « Vous avez raison Glenn. Allons y. » Le grand guerrier m’ouvre la porte et me laisse passer devant lui avant de refermer et de me rattraper. « Glenn ? Savez vous comment il est mort ? » Glenn soupire et fixe le bout du couloir coloré. « Une lame dans son cœur Majestée, ça ne pardonne pas. » Je le regarde, le pauvre. « Je suis désolé…je sais à quel point Gareth était important pour vous. » Il baisse les yeux vers moi avec un sourire tendre. « Il était important pour tout le monde. » J’acquiesce…c’est vrai, mais Glenn avait été son élève. Ils étaient très proches, comme père et fils. « Ca doit être dur pour vous. » « Ca ira Majestée, je vous aiderai à punir le coupable. » Je souris sans grande conviction. « Même s’il y a probablement un homme qui tenait l’épée…je doute qu’il y soit pour grand chose…ma chère…sœur a sûrement donné l’ordre…et un soldat obéit…pas vrais ? » Glenn reporte son regard vers le bout du couloir. « Je vous laisse vous occuper de votre sœur, je m’occupe du guerrier. » « Mais Glenn…le guerrier n’a fait qu’obéir à un ordre direct…qu’auriez vous fait à sa place ? » Glenn grimace de mépris. « Il a tué Gareth, je dois le combattre pour qu’il ne prenne pas sa place majesté. » « Se sont les ordres de ma mère ? » Glenn secoue lentement la tête. « Non…Majestée. » « Alors je vous donne l’ordre d’oublier cette idée tout de suite. Je refuse de faire couler du sang qui nous mènerai à la guerre. » Glenn baisse la tête et acquiesce. « A vos ordres Mademoiselle Eileen. » Il ne dit plus rien, moi non plus, je crispe les sourcils. Est ce que Alana cherchait la guerre ? Qu’est ce qu’elle voulait ? Qu’est ce qu’elle espérait en tuant mon général ? Celui de mère…. ? Qui a t’elle bien pu envoyer ? Gareth tué, ça semble si…impensable… En tout cas si son but est de soulever les rancœurs et les haines, elle y est parvenue…tuer Gareth, c’est presque la guerre assurée. Sauf si on ne répond pas… Quand je pense que mère l’aime toujours, après les traîtrises de cette garce, cette fille des bas fond, cette putain machiavélique. Glenn pousse une porte et me cède le passage en gentleman qu’il est. « Eileen…ma douce, viens près de moi. » Néris…Reine de ce monde, que deviendrait-il si elle venait à s’éteindre ? Encore plus la tristesse la peur m’envahirait…qu’elle serait la réaction de Alana ? « Mère…comment vas tu ? » « Ne t’inquiètes pas pour moi…la mort ne viendra pas avant longtemps. » Je m’assoie sur le lit et lui prend une main. « Elle l’a déjà fait aujourd’hui. » Elle sourit doucement, apaisante. Ses yeux noirs envoie une telle douceur que je suis obligée de me calmer. Oh diable ma rancune pour Alana, je ferais ce que mère voudra que je fasse. « C’est un drame, la mort de Gareth est un choc que j’aurais souhaiter nous éviter. » « Alana ne peut pas continuer comme ça mère…elle va déclencher une guerre. » Une main délicate se pose sur ma joue. « Ne soit pas si dure avec ta sœur Eileen. Elle a sûrement jugé que c’était bon pour nous…ou pour elle…Gareth a du la blesser…tu sais aussi bien que moi que ta sœur n’agit pas sans motif. Elle sait être une vraie diablesse, mais elle ne l’est jamais pour rien. » Je jure silencieusement, en détournant les yeux de ma mère. Comment peut-elle avoir une aussi haute estime pour cette…femme ? « Tu veux que j’aille la voir ? » « Ce serait le mieux en effet, mettez votre colère de côté pour la durée de ton voyage…je dois savoir pourquoi elle a fait ça Eileen. » Je sers les dents tous mes muscles se crispent. Ma mère me regarde tristement en me caressant la main. « Eileen…j’ai besoin de toi. Je ne peux y aller dans mon état. Et il est temps que vous arrêtiez de vous chamailler. » « De nous chamailler ? Mais aurais tu oublier ? Le mal qu’elle a fait ? » « Eileen…Alana n’a jamais su résister, c’est son malheur. » « Elle avait pas l’air malheureuse mère… » Je me lève et tourne le dos à ma mère. Dans un sens je la comprend ses filles se déchirant pour le cœur d’une femme. D’une femme que Alana n’aurait jamais du…approcher. « Eileen…j’espère qu’un jour tu m’expliquera pourquoi cette femme est…était si importante pour vous ? » J’aimerai bien, mais en faite je n’en sais rien…un stupide parie qui se transforme en lutte acharnée, en mini guerre entre elle et moi...et elle qui gagne, elle qui capture l’âme de la plus belle de la cours. Concurrence entre sœur, devenue haine. Et ce n’était ni elle ni moi qui avait payé…mais la femme du pari. Après avoir était se balader de lit en lit, du mien à celui de Alana, revenant dans le mien, repartant dans le sien. Elle ne sait jamais remise de la trahison de Alana. Alana qu’elle aimait, malgré tous ses défauts. « Elle a tué une femme. » « Mais…je ne vois pas pourquoi tant de haine de ta part ? » Bien sur c’était aussi de ma faute…mais je ne me l’avouerai jamais, plutôt me jeter du haut de la plus haute tours du château que de faire ça. « Eileen…vous n’êtes plus des enfants, se laçant des défis, vous êtes des femmes, avec de grosses responsabilités…il faut que vous vous réconciliez pour le bien du monde. » « J’essayerai mère. » « Et puis vous vous adorez. » Je grogne malgré moi, je déteste quand elle a raison. Bien sur que j’aime ma sœur, mais je lui pardonnerai jamais d’avoir lancer ce pari débile, et de m’avoir fait jouer avec une femme dont je n’avais que faire à part sa beauté. Contrairement à Alana, j’ai un cœur, et de la culpabilité. Elle, elle ne s’arrête pas à ça. Après la mort de Judy, plus rien n’a été, on n’a fini par se haire, par se mépriser, et Alana est partie. Et voilà maintenant 5ans que je ne l’ai pas vu, et ma haine n’a fait que se multiplier en entendant ce qu’elle faisait dans son château…cette catin…ma sœur…elle n’est plus ma sœur, si elle l’a été un jour…elle n’est aujourd’hui plus qu’une étrangère. « Quoi qu’il en soit Eileen, je veux que tu reviennes avec la réponse à ma question. » « Bien mère. Il en sera ainsi. » « Et je t’en pris ne déclenche pas une guerre. C’est bon pour ta sœur aussi. » « Je lui transmettrai le message mère. » |
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